Inspiré de « Inside Kung Fu », Juillet 1997 par Andrew Breen et du Profile de Grand Maître Cerio
Le style du Nick Cerio's Kenpo combine des techniques empruntées des arts de
combats de Chine, d'Okinawa, du Japon et de la Corée. Il est composé de blocages
circulaires, de coups directs, de projections, d'immobilisations, de balayages
et de clés. « Un des éléments qui me paraissait manquer dans les katas de Kenpo sont les positions que l'on retrouve dans les katas de Shotokan tels que Bassai-dai, Empl et Konku dai. C'est pourquoi j'ai ajouté ces formes au système Nick Cerio. J'ai également adopté plusieurs des pinans du Kyokushinkai parce que je pense qu'ils sont vraiment forts. » Professeur Cerio est très spontané lorsqu'il explique pourquoi il a jugé nécessaire d'augmenter le nombre de formes de Kenpo. « Dans nos katas, nous ne faisions qu'aller et venir. Il n'y avait pas de position avant ni de véritable position arrière. Les formes de Kenpo n'offrent que coups de poing et coups de pied. Les formes de Shotokan sont tout à l'opposé. À mon point de vue, elles construisent de meilleures fondations pour les étudiants que les formes de Kenpo. Elles enseignent les positions fortes, les transitions et le focus. » L'entraînement aux armes tels que le bo, le saï, le kama, le tonfa et le nunchaku de tradition okinawaienne / japonaise de même que le Kwan Do, le bâton à trois sections et les épées des arts martiaux chinois font partie de l'arsenal du Nick Cerio's Kenpo. Professeur Cerio enseignait également le laido à certaines de ses ceintures avancées. Cependant, puisque le Kenpo comporte autant de mouvements durs et linéaires que de mouvements doux plus circulaires, ces armes sont compatibles dans le cadre du Kenpo. L'addition de ces armes aide les étudiants à les maîtriser autant pour la discipline que pour leur valeur intrinsèque. « Gagner un combat sans se battre,
c'est le but essentiel d'un artisan d'art martial » Professeur Nick Cerio |
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Quand Professeur Cerio était de ce monde, nous pouvions obtenir facilement
des réponses aux différentes questions que nous lui posions, concernant les
arts martiaux. Par contre, depuis son décès (7 octobre 1998), il faut
approfondir nos recherches nous-mêmes pour tirer les bonnes conclusions.
Je vous propose ci-après quelques pistes de réflexion. Ce qui nous intéresse dans les prochains paragraphes, ce sont les katas du Kenpo de Nick Cerio, donc les formes qui ont été créées par lui. Professeur Cerio a su respecter les éléments essentiels des katas anciens. Nous y trouvons des exercices pour le tonus et le maintien du corps, des techniques d'autodéfense adaptées à notre environnement, ainsi que les «sentis» des anciens katas. Ces «sentis» sont destinés à favoriser l'évolution interne du pratiquant et le maintien de son équilibre physique comme mental. Si les katas de Professeur Cerio ont un côté complexe, cette complexité est empruntée aux katas anciens et vise le travail interne. À l'opposé, les applications physiques et les mouvements d'auto-défense sont simples. Comme Professeur Cerio le disait souvent, s'il y a trop de techniques à retenir, il y a trop de choix, donc risque d'hésitation. Les techniques qui se retrouvent à l'intérieur des katas sont donc courtes et efficaces. Les étudiants familiers avec le concept de «mouvements cachés», se rendront compte, en approfondissant la pratique, que les katas de Nick Cerio contiennent un amalgame de sens, de définitions et même d'interprétations dans la plupart de leurs applications. Chaque déplacement, chaque mouvement a un sens, bien visible ou bien caché pour le non-initié. Professeur Cerio avait décidé qu'il n'y aurait pas trop de katas dans son système. Un kata par degré (kyu), par étape. De plus, il a prévu volontairement une séquence d'apprentissage des katas préétablie. Sauter un kata pour apprendre celui d'un grade plus avancé serait une grave erreur pour l'étudiant qui cherche sincèrement à comprendre son art martial. Malgré son départ prématuré, l'oeuvre de Professeur Cerio était achevée. Par respect, mais aussi pour réussir à trouver des réponses par nous-mêmes, il est primordial de pratiquer les katas du Kenpo de Nick Cerio dans l'esprit de son créateur, c'est-à-dire en respectant l'émotion et le geste que ce Grand Maître nous a laissés. Pratiquer sans modifier les katas nous assure de préserver l'intégrité de son oeuvre, la richesse de son héritage. Beaucoup de prétendus maîtres ont créé de nouveaux styles avec de nouveaux katas. Par contre peu d'entre eux ont pris soin de suivre les règles de l'art de la construction d'un kata. Bien sûr, Professeur Cerio n'est pas parti de rien. Il s'est inspiré, pour construire ses katas, de bases très solides empruntées à divers styles tels que le Kyokushinkaï, le Shito Ryu, le Shorin Ryu, ainsi qu'au Sil Lum Kung Fu. Parmi toutes ses créations, Professeur Cerio avait un kata qu'il préférait : «le Cercle du Tigre». Il disait que tout son Kenpo tournait autour de ce kata, c'est à dire que toutes les bases de son système y sont contenues, visibles ou dissimulées. Le tout dans un langage, une suite de signes destinés à la fois à exprimer et à conserver son savoir. C'est pour cette raison que si nous pratiquons un kata dans l'esprit de son créateur nous pourrons découvrir le message qu'il nous a légué. |
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Nous avons présenté toutes les influences auxquelles Professeur Nick Cerio
a été exposé au cours de sa longue carrière dans les arts martiaux. Quelles
furent les conséquences pour le style qui est enseigné aux Studios Unis ? En premier lieu, les katas occupent une place très importante dans le karaté. Ceci est surtout vrai pour les enseignants du karaté qui veulent se rapprocher de la tradition. C'était le cas de Professeur Cerio. Il avait mentionné que s'il avait à recommencer à zéro, il se tournerait vers les formes du Shotokan, le premier style de l'histoire moderne et « publique » du karaté. Professeur Cerio trouvait que le Kenpo manquait de rigueur et de profondeur. C'est pourquoi il a emprunté plusieurs katas au Kyukushinkai. C'est aussi du Kyukushinkai dont les racines remontent au Goju Ryu de Yamaguchi et de Miyagi que Professeur Cerio s'est inspiré pour créer plusieurs de ses propres katas. Bien souvent il s'agit d'une forme de Kyukushinkai dont la séquence des mouvements a été intervertie et dans laquelle les frappes ou les blocages directs et puissants du style du Coréen Mas Oyama ont été remplacés par les mouvements circulaires du Kenpo et par les fameuses « Mains du Kenpo ». Professeur Cerio a également créé ses propres formes en s'inspirant des katas du Kajukenbo. Ce style développé à Hawaï était un style essentiellement orienté vers l'efficacité de rue! Dans les katas tels que le Cercle du Tigre, le Cercle du Léopard et le Cercle de la Panthère, professeur Cerio nous enseigne un art de survie dans la rue. Les mouvements plus techniques et mécaniques des « pinans » laissent la place aux mouvements plus fluides et circulaires du Kenpo. Les déplacements rectilignes en direction des quatre points cardinaux sont remplacés par des déplacements dans des angles différents. Les coups de pied aux articulations apparaissent ainsi que les projections et immobilisations. Professeur Cerio fait intervenir les points de pression mais bien entendu il y a plus d'un mouvement qui n'est pas immédiatement visible surtout aux yeux des nouveaux venus. Enfin, Professeur Cerio a ajouté des katas traditionnels de Shotokan pour compléter la formation des ceintures avancées. Ce retour aux formes traditionnelles qui nous renvoient au Kempo d'Okinawa a pour but de renforcer les techniques de base de karaté que Professeur veut inculquer à ses élèves et en particulier à ceux qui sont chargés d'enseigner, c'est à dire les instructeurs. Il en va de même pour le kata de Sil Lum Kung Fu « Line Wan Kune ». Ce kata a été légué à Professeur Cerio par le maître chinois Gan Fong Chin. Ce kata très technique développe des déplacements puissants et bas. L'attention est particulièrement focalisée sur le centre des énergies dans le bas ventre et développe le « ki » ou « chi ». Regis Poirier Studios Unis |
Inspiré des explications communiquées par Professeur Cerio dans « STATE OF THE ART », juillet 1994
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En 1989, les plus hauts gradés de l’organisation ont été regroupés par Professeur Cerio et moi-même afin de nous supporter dans le développement du Nick Cerio’s Kenpo au sein des Studios Unis. Le groupe fut appelé le Cercle des Sages en 1999 afin de mieux représenter la mission de ces Shihans.
Suite au décès de Professeur, ce groupe s’est vu donner comme mission la protection et le développement du système afin d’en assurer la continuité. Appelés à prendre part à des décisions importantes pour l’organisation, ces sages sont pour moi des conseilleurs précieux.
Clermont Poulin